La revente de billets à prix gonflé sur des marketplaces tierces est un fléau pour les organisateurs : le public paie cher, vous ne touchez rien, et vos VIP se font scalper. Heureusement, le Québec dispose d'un cadre légal solide depuis 2012, et combiné aux outils techniques modernes, vous pouvez le rendre quasi inopérant.
1. Le cadre légal québécois (Loi sur la protection du consommateur, art. 236.1 à 236.4)
Depuis le 26 juin 2012, la Loi sur la protection du consommateur encadre la revente de billets de spectacles, de manifestations sportives ou d'événements similaires au Québec. Le principe de base : un revendeur ne peut pas revendre un billet à un prix supérieur à celui imprimé, sauf s'il a obtenu l'autorisation écrite de l'organisateur.
L'organisateur peut donc soit autoriser une plateforme officielle de revente (souvent avec un plafond de prix et une commission), soit interdire purement et simplement la revente à but lucratif. Les contrevenants s'exposent à des amendes pouvant aller jusqu'à 20 000 $ pour les personnes physiques et 100 000 $ pour les personnes morales.
2. Le billet nominatif : votre meilleur allié technique
Un billet nominatif inclut le nom du porteur, contrôlé à l'entrée avec une pièce d'identité. Si vous activez l'option dans ScanPass, le contrôle d'accès affiche le nom enregistré au moment du scan, et le contrôleur peut demander l'ID. Cela rend la revente beaucoup moins attractive : un acheteur sur LeBonCoin n'a aucune garantie de pouvoir entrer.
Attention : le billet nominatif strict (avec contrôle d'identité) n'est juridiquement opposable que si vos CGV et la page de l'événement le mentionnent clairement avant l'achat. ScanPass ajoute automatiquement un avertissement dans le récapitulatif de commande si vous avez coché « Billet nominatif obligatoire ».
3. Le transfert officiel : alternative à la revente sauvage
Plutôt que d'interdire toute mobilité (frustrant pour les acheteurs légitimes), proposez un transfert officiel via votre billetterie. ScanPass permet à un acheteur de transférer son billet à un proche : un nouveau QR est généré au nom du destinataire, l'ancien est invalidé. Vous pouvez en option facturer une petite commission de transfert (1 à 2 $) pour décourager les abus.
4. Détecter et bloquer les bots à l'achat
Pour les événements très demandés (concerts d'artistes majeurs, finales sportives), le risque vient des bots qui achètent en masse pour revendre. ScanPass intègre par défaut : Stripe Radar (anti-fraude paiement), reCAPTCHA invisible, limite de billets par compte/email/IP, et délai minimum entre deux achats.
Pour les événements à très haute demande, activez le mode « file d'attente » qui place tous les acheteurs dans une queue virtuelle randomisée à l'ouverture, neutralisant l'avantage des bots ultra-rapides.
5. Que faire si vous voyez vos billets sur Kijiji ou Facebook Marketplace ?
Conservez une capture d'écran (URL, prix, date), envoyez une mise en demeure au revendeur via la plateforme (procédure de signalement) en citant l'article 236.1 LPC, et si nécessaire, déposez une plainte auprès de l'Office de la protection du consommateur du Québec.
Côté technique, vous pouvez aussi invalider directement le billet revendu depuis votre dashboard ScanPass (l'acheteur sur le marché secondaire ne pourra pas entrer) et rembourser l'acheteur initial. C'est une mesure forte qui doit être documentée dans vos CGV.
6. Conclusion
Le combo cadre légal + billet nominatif + transfert officiel + anti-bot rend la revente sauvage non rentable. Combinez ces leviers selon le profil de votre événement et communiquez clairement votre politique : les vrais fans achèteront chez vous.
